jeudi 25 septembre 2014

Stage de vie équestre mongole (presqu'un mini roman en 15 chapitres)

Prologue



Comme plusieurs d'entre vous le savez, Mary et moi on a mis à exécution notre dernier plan de marde de partir dans le nord de la Mongolie sur un plateau à plus de 1800 m faire 14 jours à cheval pour aller visiter les éleveurs de reines et faire plus de 400 km. Les éleveurs de reines étaient le prétexte, mais comme vous pourrez le lire, ce n'est finalement une petite partie de l'aventure qu'on a vécue, parfois à regrets (on a eu frette !!).

A chaque soir, j'écrivais le compte rendu de la journée ce qui fait que j'ai un peu plus d'une trentaines de pages de notes. Ça fait presqu'un mini-roman ! Pour ceux qui sont trop parresseux pour lire en entier, les photos sont en bas de la page. Pour les autres voici les personnages principaux :

Mathieu alias Baquanda : On nous a dit que ça voulait dire ours brun...mais ils trouvaient si drôle de m'appeler comme ça, que j'en doute !
Brun : mon fidèle destrier

Mary Baby : surnom obtenu après avoir niaisé l'un des guides après qu'il soit allé faire des galipettes.
Monsieur cheval : moins fidèle destrier de Mary

Mathilde : française bien sympatique qui a fait gallop 4 (lire infini plus d'expérience que nous)
Charles : Parisien citadin (insérer ici tous les stéréotypes connus... Ils sont vrais !)

Oumbaa : guide en chef, interprète et cuisinier, horseman et fier de l'être. Un peu difficile à suivre, mais vraiment une aide précieuse tout au long de l'aventure.
Padka : bitch de service d'Oumba, il aurait 23 ans, mais en a l'air de 16 et agit comme tel. Bien divertissant et toujours en train se rire d'on sait pas quoi tout seul (souvent de nous je pense).
Tourbat : vieux guide silencieux et infatigable, toujours en train de travailler et de s'assurer de notre bonheur/confort/sécurité.
Esee : organisateur et contact des Tsaatan, hyper serviable et généreux (en échange de quelques millions de Tugrik)

Jour 0 - Avant l'aventure (9 août, pour savoir la date après, juste à le calculer vous même)



Alors puisqu'on tombe sans ondes radios pour plus que 2 semaines, je vais tenir un journal à l'ancienne, à la main avec un crayon ! (vous aurez compris que c'est la transcription !)

La première chronique est la suite des aventures de mon soulier. Alors finalement, je l'ai pas perdu !! Stefie, une française qu'on avait rencontré à Ulan-Ude, en Russie, a retrouvé et ramené mon soulier perdu jusqu'à Oulan-Bator. On est donc allé à sa rencontre et j'ai maintenant 1 paire de soulier de trop. On pourra dire que moi mon soulier à beaucoup voyagé !

D'ailleurs, on peut dire qu'on est finalement parti pour vrai à l'aventure dans le nord de la Mongolie avec deux nouveaux amis français (oui ils sont partout ces Français !). Charles-Étienne et Mathilde seront nos compagnons de voyage pour les deux prochaines semaines.

Ça m'amène donc à notre dernière expérience de transport... Le bus mongol de nuit sur 650 km avec pas de route. On peut aussi appeler ça la nuit blanche sur route. Ça été un 18h interminable (lire peu/pas de sommeil).

Par contre, ces longues heures nous ont amené dans une petite ville au nord très loin des sentiers battus par le touriste ! On se prépare donc à faire de cheval pour aller rejoindre les éleveurs de reines (Tsaatan) de l'autre côté de deux chaînes de montagnes. On fait donc des provisions et on s'apprête à prendre le sentier avec un convoit de 10 chevaux, 3 guides et 4 gringos. On a un peu peur d'avoir froid, mais ce sera certainement une aventure. On a même été quelques temps multi-millionnaires lorsqu'on a payé les frais de l'expédition !

Pour le moment, on dort au confort de notre Ger (yourte mongole) de bois chez la soeur d'Esee, en attendant nos guides qui arriveront demain matin. Oumbaa, le guide en chef, est présentement en train de retrouver ses chevaux semi-sauvages , en liberté entre les excursions. 

Jour 1 - On apprivoise



Après avoir été traité aux petits oignons par la soeur d'Esee, on s'apprête à amorce la plus grand aventure de notre vie (jusqu'à présent). Soit un trek de 14 jours au cœur de la Mongolie très profonde dans le but d'aller rencontrer les Tsaatan. Un peuple qui vit en presqu'autarcie et dont la traduction du nom veut dire "homme reine".

Avant de quitter, quelques achats de dernière minute mon fait me rendre à la banque pour retirer des sous... Ma carte visa semble bloquée... C'est un mauvais timing, mais c'est quelque chose qu'on règlera au retour !
Pour l'heure, on a attendu un peu notre guide Oumbaa (la ponctualité n'est pas mongole) et nos chevaux. On partira vraiment en convoit de 10 chevaux avec trois guides.

La première avant-midi s'est pas passée trop mal, on a juste un peu mal aux fesses. On est même allé dîné chez le père d'Oumbaa : du pain, du beurre et du thé, un peu de saucisson. Heureusement, pour déjeuner on a eu droit à du lait frais, du beurre frais et du yougourt maison (fait avec le lait de la vache familiale) et c'était un vrai délice ! 

Pour la première après-midi, on ne fait que 1h30 avant de piquer les tentes (je pense que nos guides tentent de nous ménager). On est bien confortable dans les diil (tunique mongole) qu'on nous a prêtées et on (Mary et Mathilde) prépare un repas de champion hyper copieux sous le soleil. Si le vent peut tomber, on sera vraiment bien (quoiqu'en pente). 

Jour 2 - Un baptême brutal



Cette nuit, il a fait froid et malgré le ciel clair quand on s'est couché, il a même plu. Plus encore, le terrain que nos guides avaient choisi était très très en pente. Alors disons que la première nuit a été difficile.

Au lever du jour par contre, c'est cool ! Le paysage est toujours aussi magnifique. Il y a des yak et des chèvres au loin sur les flancs de montagne et le ciel se dégage progressivement. Pour déjeuner c'est un oeuf cuit dur, quelques biscuits et du thé au lait. Ça bouchera un coin quelques instants.

Ah ! Et j'ai oublié d'écrire que hier, après notre souper au boeuf bouilli, Oumbaa nous a fait descendre un peu de vodka pour nous réchauffer. C'était même pas si mauvais et ça a aidé à ce qu'on partage et discuté un peu plus.

Bref, la première vraie journée s'annonçait bien. On a fait une petite heure avant de s'arrêter sur le bord du lac sous un soleil radieux. On en a donc profité pour retirer quelques couches dont les imperméables pour ne garder que les diils, amplements chaudes.

ERREUR ! Aussitôt réparti, un nuage très noir envahi le ciel. La température chute d'au moins 15° et il s'est mis à tonner et à grêler avec de la pluie en prime. On a tous trouvé ça un peu moyen... Surtout Mary qui semble couver un rhume et qui était déjà frissonnante avant d'être trempée. On est passé à pas beaucoup de mettre fin à l'aventure drette là !

Ça a duré que 20 minutes... Ça sera pas beau s'il pleut durant toute une journée. On a quand même été capable de sécher dans l'après-midi et on plante les tentes à côté du lac Khövsgöl Nüür. Le temps est incertain et ce soir on va manger des lentilles. Le moral à eu une dure journée.

Jour 3 - La chute (joyeuse)



Finalement, la nuit à été bonne. Je crois la meilleure de Oulan-Bator. Ce qui fait que le moral est de retour ce matin. Pourtant, il a fait très froid. Tellement que l'humidité du toît de la tente s gelé. Là il fait soleil et ça s'annonce comme une bonne journée.

On trottera toute la journée pour faire près de 15 km seulement dans l'avant midi. Les dîners sont modestes, mais on mange super bien au souper : choux, carottes, patates, viande et autres trucs parfois louches. Pour l'instant c'est très bon.

Immédiatement après être reparti, Brun m'a joué un vilain tour. Après avoir pissé de façon interminable, il est reparti brusquement un peu trop prêt d'un arbre. Je suis donc tombé ! Heureusement, les chevaux mongols ne sont pas très grands et je suis tombé sur la mousse !

Pas de grêle cet après-midi et après trois jours, nos fesses et nos genoux tiennent le coup. Ce soir, on campe peut-être pour la dernière fois sur le bord du lac avant d'attaquer les montagnes pour traverser ensuite une grande dépression. La vue est toujours aussi paradisiaque : eau cristalline turquoise, chevaux sauvages, montagnes rocheuses avec une cabane de bois ou une Ger à l'occasion. Aussi beaucoup de vaches et de yak bien gras en vue de l'hiver (en fait, il y en a environ 20 rhuminants par habitant en Mongolie !).

Nos guides Умбаа, Падка et Торбаш nous traitent aux petits oignons. Une routine s'installe tranquillement, on commence à s'occuper de nous même. D'ailleurs, même en expédition, les Mongols sont hospitaliers.

Jour 4 - Rough ride



Ils sont hospitaliers, mais pour un peuple nomade, ils ont vraiment aucun talent pour choisir les sites de campement. Il a venté à en écorner un yak, ce qui nous a pratiquement empêché de dormir de la nuit.
En plus, la journée s'annonce très longue. On a enfourné nos biscuits et notre café instantané au lait en poudre (déjeuner mongol typique) avant de reprendre le sentier.

Du vent et encore du vent, le temps est aussi incertain et on reçoit à l'occasion quelques flocons de neiges. Nos chevaux mettent du temps à s'éveiller, mais au moins avancent bien. À l'heure du dîner, on a quitté le lac pour de bon et on est entré dans une vallée qui nous mènera d'ici 4 jours dans la dépression de Darkhad (notre destination finale).

L'après-midi a été riche en paysages spectaculaires. On est passé à travers une forest qui a brûlée. Ensuite, on est resté sur le lit d'une rivière asséchée au milieu d'une vallée qui tourne au jaune en raison des mélèzes et de l'automne. Mais un vent du nord frette et constant nous empêche un peu d'apprécier. On espère, malgré le temps merdique, que la prochaine nuit réussira à vaincre le rhume de Mary. On s'est encore arrêté au milieu d'une plaine venteuse... Mais on a pris soins de placer la tente autant à l'abri que possible.

À l'instant, on vient d'apprendre qu'on passera seulement 1 nuit chez les Tsaatans, donc pas de pause du tout... On va peut-être tenter de négocier une extension, mais pour le moment on est déçus.

Point positif : aujourd'hui on a tous réussi à galoper ! 

Jour 5 - Le vent tourne pour mieux

Une bonne nuit ! Si la tendance se maintient, on aura une bonne nuit sur deux. Ça aide beaucoup le moral par exemple. Ce matin, tout le monde est souriant. On accepte progressivement le fait qu'on fait un trek de 14 jours sans pause et on essaie de voir les Tsaatans comme une étape plutôt qu'un but.

Après une journée sans accrocs, on s'arrête non loin d'une cabane de bois habitée. On est donc passé prendre le thé chez une famille, personne se connaît vraiment, mais tout le monde accueuille tout le monde, c'est normal. Pour souper, c'est viande séchée bouillie... J'ai déjà mal au coeur... On s'en reparle ! 

Cossins insolites #1

- La viande séchée qui sent la mort
- Les bas de Tourbat qui sont en fait des bandages
- L'absence de notion d'intimité des Mongols
- La douche de camp utilisée comme gourde
- Les trois guides qui dorment dans une tente double, sans couvertures à -5 la nuit, tout habillés et avec leur casquette
- Le couteau qui sert pour la viande crue, le pain, les légumes, fendre le cuir, fendre du bois, réparer des bottes... Tout ça, sans être lavé
- Les guides qui utilisent 10 L d'eau en bouteille pour laver la vaisselle le premier jour car de toute façon c'est du poids inutile, y'a toujours un plan d'eau stagnante quelque part à semi-bouillir
- Les chevaux qui pètent sans arrêt pour n'importe quelle raison
- La notion de distance et de temps des Mongols (absente)
- La gestion de déchets mongole : ça se brûle, tu le brûles ; si ça se décompose, tu le laisses sur place ; ni un ni l'autre, tu le fais disparaître dans un trou (i.e. de chien de prairies) pour que le touriste se sente mieux

Jour 6 - Traversée du désert



La viande séchée était finalement pas si pire. En plus, on a fait descendre le tout avec du thé au lait au confort du feu de bois de la petite famille tout en savourant du yogourt de yak séché (dégueulasse). On a donc pu bien se réchauffer avant d'affronter la nuit. Elle s'est d'ailleurs vraiment bien passé, malgré le fait qu'il a fait pas loin du 0 absolu (les bouteilles qu'on avait dans la tente ont gelées ben dur). 

On est parti un peu tard (les Mongols sont vraiment pas pressés le matin) après que Mary et Mathilde aient joué avec les enfants et leur aient apprit à faire des pets avec leur bouche. On a donc dit adieux à cette famille bien gentille dont on ne saura jamais le nom.

Nous attendaient pas loin de 8 heures de plaine aride et désertique à perte de vue. Complètement sec et presque plat, ce qui est assez surprenant considérant qu'on est à une altitude de plus de 1600 m. Au loin, on s'éloigne de plus en plus des pics rocheux enneigés.

D'ailleurs, le moral est assez bon. On profite de la chaleur des plaines (sûrement pas loin de 30°) après avoir eu aussi froid. Les réserves d'eau nous font un peu peur par contre. Surtout que ce soir, on s'est arrêté aux abords d'un lac bouetteux et on ose pas traiter l'eau tellement elle est trouble. C'est quand même avec ça que notre trio de guide nous préparent le souper.

Aujourd'hui, on a aussi prit le traversier mongol ou : un vieux bonhomme sur une barque en bois et un fil d'acier, c'était quand même assez nice. J'ai aussi pu de poils sur les mollets à force d'irritation sur les étriers. On a aussi surment le derrière un peu plus plat.

Jour 7 - La frontière interdite



Encore une nuit glaciale, au moins on sait maitenant comment s'installer comme il faut avec le peu de matériel qu'on a. La journée s'annonce longue et le temps est incertain. Je lui prédit nuageux avec éclaircies et pluvieux demain. Il a prit goût à me demander chaque matin le temps qu'il fera, je m'improvise donc météorologue et je me suis pas encore trompé !

On a encore un départ tardif (Charles est hyper lent le matin et ce matin, il se faisait les ongles... C'est pas une blague). C'est une promenade agréable, le ciel est voilé et il fait un peu moins chaud qu'hier. Le paysage est similaire, toujours aussi magnifique. Le mal de derrière qu'on a limite un peu le côté agréable et contemplatif de la promenade. Il se passe rien de spécial jusqu'à notre arrivée dans la petite ville de Tsagaanuur !

C'est difficile de mettre le doigt dessus, mais quelque chose cloche avec cette ville. Elle dégage vraiment une atmosphère triste. C'est en arrivant au contrôle militaire que les choses se corsent. Le permis d'accès à la zone protégée que Esee nous a fourni ne fait pas l'affaire et l'officier qui pourrait arranger les choses n'est... pas là ! On voit bien que Oumbaa commence à stresser. Finalement on passera 20 minutes inconfortables dans un bureau trop chaud pendant que des Mongols s'engueulent avec nos passeports en main. On finira finalement par entrer dans la zone "protégée". Les guillemets sont là car il y a beaucoup de déchets et plein de motos. C'est quand même vraiment magnifique.

On s'est invité dans la cours de quelqu'un pour piquer nos tentes. On a encore mangé comme des rois, mais Mary feel pas pantoute. On espère que la nuit l'aidera car demain on va à la rencontre des Tsaatans. Ce soir, on souligne aussi la mi-parcours. Il ne nous reste que 7 jours de cheval !

J'ai aussi fait de la lutte mongole contre Oumbaa... J'ai perdu. C'est un genre de judo sans prises au sol et je tiens à dire que son frère est un champion, j'avais le droit de perdre.

Jour 8 - Le prétexte



On est finalement arrivés à destination. La ride d'aujourd'hui à été particulièrement pénible même si plutôt courte. C'est surtout que Mary a été malade toute la nuit et qu'à peine remise, tout le trajet s'est fait au trot (pis ça c'est rough sur le système).

Au milieu de la journée, on a recroisé des touristes mongoles qu'on avait vu en Range Rover la veille. Elles auront fait dans le confort de leur voiture les 8 jours de cheval qu'on a fait pour arriver au même point... Eux en une journée et demie de voiture et 4h de cheval. Ça enlève un peu de charme à la chose et nous on pourra dire qu'on l'a fait pour vrai.

Pour dîner, on a eu droit au pire plat jusqu'à présent, encore mangeable, mais limite. Ça s'appelle du bountang (transcription libre). Ça ressemble pas mal à une crème de blé salée avec de la viande séchée dedans, ou à un bol de morve. Encore rien pour aider Mary a s'en remettre. Ça aura permis aux touristes en talons haut de nous distancer et forcé les guides à arrêter de cruiser.

Après le dîner et une petite grêle légère, on a que 30 minutes à faire à travers les marécages avant d'arriver au village... Ou du moins à ce qu'il en reste. La presque totalité du village a quitté pour les montagnes il y a 3 jours. Il ne reste que 5 orts (équivalent mongol des teepees) et à peu près autant d'habitants.

Sur le coup, c'est une assez grosse déception. Mais au moins, les Tsaatans sont super accueillants ! Ils sont même allés traire les reines pour aider le mal de ventre de Mary. Semble-t-il que le lait de reine est un remède hyper fort, car un reine mange beaucoup d'herbes et de mousses utilisées dans les remèdes traditionnels. Soit ça va l'achever ou l'aider, on verra bien. Ça goûte un mélange de yogourt à boire et de fromage, avec un petit arrière goût de verdure, c'est pas mauvais, c'est pas bon non plus.

Bref, cette nuit on dort sous l'ort alors qu'il pleut dehors. On sera au moins 10 et un feu de bois, donc secs et au chaud ! On demandait pas plus.

Jour 9 - On vire de bord



Alors finalement ce qui était au départ une déception s'est transformé en expérience vraiment pas pire. La communauté étant partie, on a dû s'inviter chez une famille plutôt que dans l'ort d'invités. J'avais peur, quand on a commencé l'excursion, qu'on aboutisse dans une trappe à touristes, mais finalement tout est vraiment authentique et c'est super intéressant. En plus, c'est probablement le dernier endroit dans le monde où on peut dormir dans un teepee pas arrangé expressément pour les touristes.

Aussi, nos hôtes ont une hospitalité irréprochable. On a dormi chez un couple formé de la dame qui s'occupe des reines restants (hier elles à ramené tout un troupeau après que j'aie écrit le journal, c'est des animaux vraiment magnifiques) et d'un homme qui s'est brisé la jambe au printemps dernier et qui marche en béquille depuis qu'elle s'est solidifiée en S. Ils nous ont patenté des lits et on a réussi à se comprendre en se souhaitant bonne nuit dans 15 langues différentes, on a bien ri et bien dormi ! Tout ça à finalement été une super expérience. 

Les Tsaatans sont pas les champions de l'isolation, mais le feu de bois et les 10 personnes nous auront permis de passer cette nuit neigeuse au chaud. On a aussi un nouvel ami, sac à puce, un chien qui nous suit depuis trois jours. On verra s'il repartira avec nous.

Mary va bien aujourd'hui, on saura jamais vraiment si ça a passé tout seul ou si c'est vraiment le lait de reine. Entouka, le ciel est bleu et la plaine est calme, on a le moral au plafond !

On a un départ ultra tardif (13h30) et on présume qu'on aura une petite journée aujourd'hui. Il ne nous reste que 6 jours pour faire ce qu'on a fait en 8. On prend un chemin différent et plus court selon ce qu'on comprend des explications toujours aussi floues d'Oumbaa.

Au bout de 3 heures de chevauchée, on débouche dans une superbe vallée. Une rivière serpente autour des trois petites fermes en bois. Il y a toujours de la fumée qui s'échappe des cheminées, ce qui signifie que les familles sont pas encore déménagées pour l'hiver. Nos guides s'invitent donc dans l'une des fermes pour prendre le thé et obtenir la permission de planter nos tentes. Encore une fois, l'accueil mongol est irréprochable. On a droit au thé au lait, au pain et au beurre du jour.

Live là quand j'écris les notes du jour, il y a des chèvre, des moutons et des vaches partout. On soupera dans la minuscule maison où ils vivent une dizaine (plus chaud la nuit qu'on se dit). Ça sent la ferme, on est au milieu de nul part, le ciel est clair et étoilé (il fera donc très froid) et on s'endormira le ventre plein de trucs difficiles à digérer qui réchauffent. En plus, Oumbaa à comprit hier qu'on avait très peu pour se couvrir, il nous a donc prêté des couvetures de cheval, elles puent, mais semblent chaudes.

Et sac à puces tient toujours ! Il a adopté Mary je pense. Même avec le crotin de cheval que lui lance Oumbaa, il nous suit encore.

Cossins insolite #2

- Les bottes réparées avec des vis étoile d'Oumbaa
- Le remède noir charbon mongol pour le mal d'estomac
- Les ort/ger/maison de bois avec panneaux solaires et antenne satellite
- La réception cellulaire à des endroits improbables
- Le fond de teint blanc que les femmes mongoles se mettent pour se blanchir le teint
- Les bécosses mongoles (voir photos)
- Les entrées par infraction à répétition quand on s'invite chez quelqu'un (en fait on nous a expliqué que les Mongols étaient accueuillants avec tout le monde car ils s'attendent à être bien accueuilli partout où ils vont, ça leur permet de voyager plus léger et plus securitairment, pour vrai c'est génial)

Jour 10 - Bristol



Nuit glaciale, une chance qu'on avait sorti les couvertures à chevaux ! Même sac à puces essayait de se réchauffer, il a dormi sur notre toile de tente. Mais je pense que Padka à réussi à lui faire peur pour de bon en lui galopant après durant une bonne quizaine de minutes jusqu'à l'autre côté d'une rivière... dommage il était gentil le chien.

On a été invité à revenir dans la maison pour déjeuner chez la famille. On a donc mangé le pain d'hier et encore du beurre frais. En plus ça nous a permis de les voir préparer le pain du jour (fait dans un chaudron sur le feu) et traiter les produits laitiers (séparer la crème et le beurre et "stériliser" le tout). Mary dit que ça lui donne envie de faire des pots de confiture et de la ricotta tout cette bouffe artisanale. On quittera cette famille encore sans avoir su leur nom, on dirait bien que c'est pas important pour les Mongols.

La randonnée d'aujourd'hui est sans grande particularité. On est retourné dans le désert/plaine, on a croisé des chameaux (des vrais à 2 bosses) et même une immense dune de sable. 

Ce soir, Oumbaa nous a invité dans une Ger pour la routine maintenant habituelle. C'est en fait chez l'ex-femme de Tourbat qu'on est débarqué. Ils doivent être restés en bon termes car ils sont encore une fois très gentils. Dommage que je ne pourrai pas beaucoup en profiter. Je me sent pas trop bien et j'ai finalement eu une note parfaite sur l'échelle de Bristol.

Comme si c'était pas assez, j'ai eu une première prise de bec avec Charles... Si l'histoire vous intéresse, je vous la conterai en personne, ça vaut pas la peine de mettre ça sur les internets, ça parle de froid et de diarrhée.

Pour finir sur une note plus positive, on a galoppé tout plein aujourd'hui et ça c'est l'fun.

Jour 11 - Le début de la fin



La nuit à somme toute été bien. La vodka que Mary a dû boire à certainement aidé (vous aurez l'histoire un jour). Le réveil à quand même été brutal, surtout après avoir scoré fort sur l'échelle de Bristol une bonne partie de la nuit (si vous avez pas encore cherché c'était quoi, vous devriez, ça va revenir souvent). Il devait venter pas loin d'à la vitesse du son ! Il a neigé, plu, grêlé et ie crois que j'ai même vu une chèvre tomber du ciel.

Heureusement, on a prit le déjeuner chez les gens qui nous ont accueilli sur leur terre. Après avoir emmagasiné la chaleur et le thé au lait, on a attaqué la plaine par le pire temps qu'on a eu jusqu'à présent. Ça nous a donné l'occasion de nous arrêter dans plusieurs Gers sur le chemin pour nous réchauffer.

La ride à été un peu pénible disons. Arrivé au village de Rechinlkhumbe, Oumbaa nous a laissé au centre ville (la tour cellulaire) le temps d'aller faire les provisions pour les trois derniers jours.

On a fait une courte distance pour choisir un site bien au vent comme les Mongols les aiment. Pour l'instant, on profite de l'hospitalité de nos voisins en Ger. On prépare même le repas avec eux bien à l'abri du vent et au chaud avec toute la petite (grande) famille.

Demain, on va attaquer les montagnes rocheuses qui sont présentement enneigées... Les trois jours qui nous restent risquent de pas être une partie de plaisir.

Dans l'immédiat toutefois, on boit une bière et de la vodka à la mongole (un verre plein chacun notre tour, même pour la vodka). On essaie aussi de discuter avec les enfants. Il faut profiter des bons moments pour survivre aux plus durs. Ah ! Pour la nuit prochaine on aura aussi une couverture de plus.

Jour 12 - Des canyons et pas d'hommes



Nuit encore glaciale, ce matin il y a du givre partout et les montagnes vers lesquelles on se dirige sont encore plus blanches. C'est une estimation, mais avec tout ce qui a gelé, je dirais qu'il a fait envrion -1000. Le réveil a aussi été drôlement brutal avec un boeuf ou un yak qui s'est enfargé dans les cordages de notre tente. En plus, Oumbaa s'est fait volé ou a perdu son cheval, on risque donc de partir plutôt tard.

Entre temps, on profite du confort de la Ger. Après la vodka et la bière d'hier, ça nous donne plus de temps pour récupérer ! Et aussi plus de temps pour digérer le fameux airag qu'on nous a servit hier. C'est LA boisson alcoolisée typique de la Mongolie qui consiste en du lait de jument fermenté... Ça goûte aussi mauvais que ça sonne. Avec ses 2-3 % alcool, ça goûte la bile de vomit de lendemain de veille... Vraiment, c'est pas une blague !

On est effectivement parti très tard, mais Oumbaa à réussi à retrouver son cheval. Il était attaché à un arbre au milieu de la forêt pas trop loin d'une Ger, il demeure convaincu que quelqu'un a essayé de le voler cette nuit. Ce retard nous a permis de participer au shooting de Shagai, l'aînée de 11 ans de la famille chez qui in est arrêté après qu'elle ait saisi la caméra. 

Les arrêts dans les familles ont vraiment été géniaux, on a vécu une vraie Mongolie grâce à eux, pas un toc pour les touristes.

Le trajet de ce jour est pas pire pantoute. On pénètre finalement dans les fameuses montagnes rocheuses. C'est une super journée, mais Monsieur Cheval est pas du monde et a failli jeter Mary en bas. Aussi, malgré le soleil éclatant et les paysages spectaculaires, on commence tous un peu à avoir hâte de revenir à la civilisation.

Après avoir monté le campement ce soir, j'ai jeté un coup d'oeil au doigt que Tourbat s'est écrasé il y a trois jours. C'est vraiment pas beau, un gros abcès et pas beaucoup d'outils pour l'aider. On l'a creuvé avec und aiguille chauffée à blanc et tout ce qu'on a pu faire c'est lui conseiller fortement d'aller voir un médecin et mettre un peu de polysporin. J'ai malheureusement l'impression qu'il va faire son tough et perdre son doigt.

Au moins, la nuit s'annonce bien avec un premier vrai feu, car il n'y a pas de vent. On a aussi bu la dernière bouteille de vodka. C'est officilement fini les Gers et les petites familles. Ce soir et demain c'est du camping au milieu des montagnes entre les spots de neige. Au moins, il y a pas un nuage dans le ciel. C'est aussi complètement fou à quel point il y a des étoiles !! 

 Jour 13 - La dernière nuit



Encore, la nuit à été complètement glaciale (j'ai l'impression d'écrire chaque jour la même chose). Ce matin tout est givré et la glace sur la tente se décolle en plaque. Heureusement, la fameuse couverture supplémentaire récupérée au jour 11 fait en sorte qu'on a même pas eu froid. On s'est rassasiés d'un bon plat de nouilles ramen mongoles pour déjeuner et on a entammé notre plus grosse journée. On avait prévu remplir les bouteilles d'eau dans la rivère ce matin, mais on devra se rabattre sur les quelques gouttes qu'il nous reste car elle est gelée bord en bord.

C'est la plus longue journée, mais aussi la plus spectaculaire. Brun est en super forme et super docile. Tant mieux, parce qu'on a attaqué un col qui nous a amené à plus de 2400 m pour traverser les montagnes qui nous séparent de notre domicile temporaire, Khatgal.

On a fait pas loin de 8h, le plus souvent au trot ou au galop. Nos guides décident finalement de s'arrêter au beau milieu de la descente... Jusqu'au bout, ils m'auront impressionné dans leur manque de talent pour choisir un site de campement. Au moins, ce soir s'annonce pour être un festin car on vide les provisions, on a même sorti la sauce tomate (et j'ai échoué à apprendre à Padka comment utiliser un canif pour ouvrir une canne). On a déjà mangé les twix et les mars par exemple. Techniquement on arrive demain et si tout se passe comme prévu on se paye l'avion mongol pour le retour !

Le doigt de Tourbat semble aller mieux, il y a de moins en moins de pus, mais le changement de pansement BID sera probablement pas suffisant. Au moins, je pense qu'on a réussi à le convaincre d'aller voir un médecin.

Jour 14 - L'arrivée sans tambours ni trompettes



C'est le jour J ! Le réveil est matinal car Oumbaa à dans l'idée d'atteindre la maison de son père pour dîner.
On a réussi cette fois-ci le record absolu de quitter pour 9h30 et on entamme au pas de course les 30 km qui nous séparent de Khatgal. Cette fin de périple aura aussi eu sa dose de piquant... Je me suis fait chier dessus par un des chevaux... De la richesse m'attends selon Oumbaa... Plutôt pu de pantalon propre !

Ce sera finalement chez la mère de Tourbat qu'on arrête manger notre dernière délicieuse (joke) canne de sardines. La dame doit avoir au moins 115 ans, mais a la même hospitalité que tous les autres. On aura pu apprécier l'hospitalité mongole jusqu'au bout.

C'est aussi dans un temps record qu'on arrivera à destination. Après avoir réalisé que l'avion était 3 fois plus cher que prévu, on fait notre deuil et on commence à se faire à l'idée qu'on aura encore 18h de bus sur pas de route à faire. On prend le temps de faire des adieux express à nos guides (ils s'en allaient sans nous dire au revoir), on met nos vêtements en quarantaine et on profite pour une première fois en 2 semaines d'une douche ! En plus c'est la douche à pédales, j'ai rarement apprécié comme ça me laver ! Nos vêtements sont aussi officiellement en quarantaine ad le lavage !

Aussitôt Esee arrivé à Khatgal, on charge nos bagages avant de filer à 100 km/h sur une route pavée, c'est fou à quel point ça va vite une voiture ! En chemin, il a adopté un chiot sous prétexte que sont chien est devenu vieux et paresseux. Pour le moment, il est au bons soins de Mary, mais il est vraiment pas sur de passer l'hiver (voire pas la semaine).

On peut dire que c'est officiellement la fin de cette aventure. On a même droit à des légumes frais, de la bonne viande et du riz au confort se notre Ger d'invités chaude, propre et qui sent bon. Esee nous a même fourni la bière jusqu'à ce qu'on aie la tête qui tourne et du vrai thé (pas de lait). C'est fou à quel point des petites attention et un peu de confort font du bien. Surtout qu'on avait raison d'avoir froid, il a fait -12° certaines nuits selon les relevés officiels !

Épilogue

Je sais pas combien de personnes vont lire jusqu'ici, mais si vous l'avez fait, vous avez vu que ça pas été qu'une partie de plaisir. Même si ça peut avoir l'air négatif par moment, c'est vraiment quelque chose d'inoubliable qu'on a vécu. Heureusement qu'on savait pas tous les désagréments d'avance, car on l'aurait pas fait et on serait passé à travers de toute une aventure.

Même si on a été un peu déçu par le fait qu'on a manqué les Tsaatans, ya quelqu'un qqpart qui a dit qqch du genre qui exprime vraiment bien la petite aventure qu'on a fait :

"Quand on voyage vraiment, c'est pas la destination qui compte, mais le chemin emprunté."






































































2 commentaires:

  1. Wow!! Ya fallu que je le lise en 4 fois mais je l'ai toute lu! Toute qu'une aventure!! Contente de savoir que rien sur le chemin vous a causé un giga probleme... pleins de problemes mais juste des petits! Vous aller en sortir grandit! (Omg que je suis bien chez nous... lol)

    RépondreEffacer
  2. Tellement cool votre trip! Profitez-en bien! C'est pas le genre de chose qu'on fait souvent dans une vie! -Morin

    RépondreEffacer